quelques avis éclairés ?

Mesdames, mesdemoiselles… heu… pardon… sont pas à toi yanouch ! bigre… donc dames, demoiselles, sieurs (pour sieurs, c'est toujours moins grave…) salut à vous internautes d'aout !

voila, comme j'ai pas envi de bosser cet après-midi, j'ai décidé de faire un peu de pub et de présenter un intellectuel qui en vaut la peine… non pas avec une biographie mais par un court extrait de ses textes… histoire de ne pas trop vous gonfler ! Et peut être de vous donner envie de les lire !

dans les mairies y'a le portrait du SHARCK ! chez yanouch, y'a le portrait de REEVES… chacun son camp !

voici donc quelques lignes de HUBERT REEVES:

“des lueurs d'espoir apparaissent quand nous considérons l'évolution de la sensibilité humaine… Un respect croissant de la vie favorise une prise de conscience de la crise actuelle et s'accompagne de gestes positifs.” REEVES

“s' humaniser ou périr; ainsi pourrions-nous présenter l'enjeu auquel nous voilà confrontés. La sixième extinction pourrait se terminer non pas par une passivité qui nous mènerait à une inéluctable disparition, mais par une réaction vigoureuse qui, en nous décidant à stopper l'hécatombe des espèces que nous sacrifions actuellement, nous épargnerait nous aussi d'appartenir un jour à la liste des espèces disparues.” REEVES

Pour ma part, yanouch espère de tout cœur cette réaction vigoureuse… ami(e) humain…

quoi ! Deux dans la même après-midi ! Deux intellectuels, après le café et avant l'apéro !… diantre… yanouch ! veux-tu notre peau ?

hohohoho !, il fait beau… le jardin produit des haricots… vous êtes en vacance et vous vous grillez les os ?

donc: non ! non ! et non ! internaute entremondesque ! je ne veux pas vous asséner des coups de marteaux ! je veux juste vous faire un autre cadeau !: NOAM CHOMSKY

voila un extrait d'une de ses nombreuses conférences:

“… Il y a eu une constante amélioration, le pays est un peu plus civilisé, il y a plus de contrôle démocratique et cela se poursuit et s'accélère. C'est une tendance en compétition contre celle qui conduit à la destruction, et la courbe qui grimpera le plus vite déterminera le destin de l'espèce. Cette question est entre les mains de gens comme vous…” NOAM CHOMSKY

Alors internaute incrédule ?… ça fait déja deux intellectuels de premier ordre à dire la même chose… vous en voulez un troisième ? ha mais je vous prend au mot adorable lecteur !

THEODORE MONOD

“Nous devons apprendre à respecter la vie sous toutes ses formes: il ne faut détruire sans raison aucune de ces herbes, aucune de ces fleurs, aucun de ces animaux qui sont tous, eux aussi, des créatures de Dieu”

“… et puis, les forages profonds ! on va maintenant nous faire des forages pétroliers profonds dans la méditérranée … qu'est ce que ça veut dire, un forage profond ? on va chercher du pétrole à 2000 m …, et qu'est-ce qui va se passer s'il y a un accident au fond, un accident de forage ? si on atteint une nappe jaillissante et qu'on ne puisse pas reboucher le trou après, par exemple ?…” france culture 11 juillet 1975 THEODORE MONOD

(marrant que je soit tombé sur cet dernier article…. d'actualité, et je vous jure comme ça sans même avoir fait exprès… )

RENE DUMONT (bientôt…)

HOOOOO ! mais ils sont tous vieux…. voir mort…. BANZAï ! voila la relève… normand baillargeon (bientôt…)

BRIGRE ! Je viens de me rendre compte que tout les intellectuels cités sont des hommes, faut que je me mette à lire des femmes ?

VENDANA SHIVA (bientôt…)

ok je passe à ALBERT JACQUARD ? ou vous en avez marre ?

  1. Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la “ réussite ”. En réalité, ils ne sont que des événements anecdotiques, de peu d'importance à côté de l'enjeu essentiel : construire cet outil fabuleux qu'est notre intelligence.

  2. Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont autres ; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous.

  3. Je crois à la nécessité du rapport à l'autre non seulement pour être heureux, mais bien plus fondamentalement pour être conscient.

  4. Communiquer, c'est mettre en commun ; et mettre en commun, c'est l'acte qui nous constitue. Si l'on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain.

  5. Respecter autrui, c'est le considérer comme une partie de soi, ce qui correspond à une évidence si l'on accepte la définition : “ Je suis les liens que je tisse avec d'autres. ”

  6. Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s'exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence.

  7. Solitude : c'est le même mot pour deux situations opposées, la solitude subie, la solitude désirée. La première est dramatique ; j'ai besoin des autres, et personne n'est là. Je suis comme un feu qui meurt étouffé, faute d'oxygène. La seconde est, à certains moments, nécessaire pour retrouver la cohérence de tous les matériaux qui se sont accumulés, pour renouer des fils, pour se préparer à de nouvelles rencontres. Cette solitude choisie peut être aussi, elle-même, l'occasion d'une rencontre : c'est tout le miracle de la lecture ; quel bonheur que d'entendre Montaigne nous faire des confidences !

  8. L'amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l'amoureux qui a obtenu !

  9. Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.

  10. Pour moi, le bonheur, c'est de se sentir beau dans le regard des autres.

  11. Sans l'homme, l'univers n'est qu'un continuum sans structure.

  12. L'esprit n'est que l'aboutissement de l'aventure de la matière. Il n'a pas une origine autre que l'ensemble du cosmos.

  13. Être conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui est le propre de l'homme.

  14. L'essentiel, peut-être, est intemporel.

  15. Idéalement, tout comportement devrait résulter d'une décision personnelle prise après une analyse lucide. Suivre un exemple, c'est se défausser d'une responsabilité sur un autre. Donner l'exemple en proposant à l'autre de suivre cet exemple, c'est l'encourager à une irresponsabilité. Mieux vaudrait lui demander de mener à son terme sa propre réflexion.

  16. La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.

  17. Le rôle de l'école est d'intégrer un petit d'homme dans la communauté humaine, de transformer un individu en une personne. Répétons-le : éduquer c'est é-ducere, c'est conduire un jeune hors de lui-même, le faire exister dans les échanges qu'il vit avec les autres.

  18. Nous n'avons pas la liberté de ne pas être libres.

  19. Il faut savoir être un citoyen, c'est-à-dire “ faire de la politique ”. Certes, en faire c'est courir le risque de se tromper ; mais ne pas en faire est être sûr de se tromper.

  20. Sans imagination il ne pourrait y avoir création.

  21. […] une drogue est au bonheur ce que la masturbation est à l'amour : une fermeture sur soi-même, nécessaire à certaines périodes, qui devient appauvrissante si elle coupe le contact avec le monde extérieur.

  22. Vive la “ civilisation de l'image ” s'il s'agit d'images produites par notre propre imagination ! Mais méfions-nous de la “ civilisation des images ” lorsque ces images sont semblables à des produits surgelés fabriqués par d'autres et reçues passivement.

  23. Seule peut-être la création est un acte solitaire mais aussi constructif.

  24. Les maths sont ce qu'il y a de plus facile à comprendre. Sauf pathologie mentale profonde, tout le monde est “bon en maths ”. Mais pour des raisons que les psychologues pourraient sans doute élucider, certains jeunes décident qu'ils ne sont pas bons. Je crois que la principale responsabilité réside dans la façon dont les mathématiques sont enseignées.

  25. […] la nature ne choisit jamais.

  26. Rien ne serait plus triste que de se savoir immortel. En imaginant demain, ce qu'apparemment aucun animal ne sait faire, nous avons donné valeur au présent. Le prix à payer est l'angoisse de l'aboutissement, la disparition finale que nous ne pouvons plus ignorer. Je ne trouve pas que ce soit un prix exorbitant.

  27. Je préfère, orgueilleusement, être celui qui devient “ moi ” en une longue marche dont le point de départ, s'il existe, a peu d'intérêt, dont seule importe la direction.

  28. La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous.

  29. Tout pouvoir est provisoire ; celui qui l'exerce doit savoir qu'il aura un jour à rendre des comptes.

  30. On ne peut mesurer que ce qui est unidimensionnel.

  31. […] le péché fondamental des religions : faire des adeptes qui ne posent plus de questions. L'attitude scientifique est exactement à l'opposé.

  32. Je n'arrive plus à comprendre la nécessité de “ croire ”. La réponse à l'angoisse existentielle peut être trouvée non dans une foi, mais dans une adhésion. Personnellement, j'adhère avec enthousiasme au projet de société proposé il y a deux mille ans par une homme nommé Jésus.

  33. Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème.

  34. L'objet de l'enseignement devrait être de susciter le goût pour la réflexion personnelle plus que de ratiociner, avec parfois une certaine cuistrerie, sur les théories des multiples écoles philosophiques.

  35. Chaque élève a droit aux apports de savoir et de réflexion qui l'aideront dans ce qui est la tâche de toute une vie : devenir celui que l'on choisit d'être. Refuser à certains, sous prétexte qu'ils sont catalogués “ mauvais élèves ” ou “ faits pour le travail manuel ”, l'accès à un exercice intellectuel aussi fondamental que la philosophie, c'est accepter le découpage de l'humanité en catégories hiérarchisées, c'est-à-dire accepter la barbarie.

  36. Vivre, pour un être humain, ce n'est pas seulement laisser agir les métabolismes que déroule notre organisme, c'est profiter de la conscience que nous avons d'être pour devenir une personne.

  37. Plus nous sentons le besoin d'agir, plus nous devons nous efforcer à la réflexion. Plus nous sommes tentés par le confort de la méditation, plus nous devons nous lancer dans l'action.

  38. On peut apprendre à un ordinateur à dire : “ Je t'aime ”, mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.

  39. On ne peut pas dire d'une oeuvre d'art qu'elle soit inutile ; certes elle n'apporte rien qui réponde aux besoins matériels de l'organisme ; mais elle est un moyen de communication entre celui qui la crée et celui qui l'admire ; elle répond donc au besoin humain le plus spécifique : mettre en commun.

  40. […] nous ne voyons pas le monde avec nos yeux, nous le voyons avec nos concepts.

  41. Il ne s'agit pas, pour vivre de croire, mais d'adhérer à un programme de vie, individuel ou collectif.

  42. L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions.

  43. Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.

  44. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.

  45. L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère.

  46. Oublions le mot “ vérité ”, privilégions le mot “ authenticité ”.

  47. Utiliser les maths comme outil de sélection est décidément une aberration. Sur quoi sélectionner alors ? direz-vous. La vraie question est : Pourquoi sélectionner ? Et je ne connais pas la réponse.

  48. J'y passais [à la bibliothèque municipale] tous mes instants libres, heureux d'être entouré de ce calme, de ce silence, de cette odeur de papier et d'encaustique, heureux d'avoir accès à toutes les aventures racontées dans les romans, heureux surtout de pénétrer tous les secrets de l'univers dévoilés dans les encyclopédies ; la bibliothèque m'introduisit dans le monde beaucoup plus que le collège ; elle me permettait de trouver quelques réponses aux questions que je me posais et qui avaient pour moi de l'importance ; au collège, il me fallait apprendre les réponses à des questions dont je ne voyais pas l'intérêt, je n'avais guère d'appétit pour la nourriture que m'apportaient les programmes.

  49. « En quoi êtes-vous bon ? », j'ai répondu : « En tout, sauf en gymnastique. » Les professeurs m'ont cru. J'ai donc été bon. Je regrette pour la gymnastique.

  50. […] la meilleure façon de faire le tour d'un domaine scientifique est de l'exposer, de l'enseigner, d'en faire un livre.

  51. Dès les premières expériences [en enseignement], j'ai compris que l'essentiel n'était pas dans le contenu du discours, mais l'intensité de l'échange provoqué par la parole.

  52. […] ce Big Brother qu'est un système éducatif fondé sur la sélection.

  53. Sélectionner parmi quelques centaines d'étudiants ceux qui seront aptes, dix années plus tard, à exercer tel métier est une tâche impossible. Sauf cas extrêmes, seule une voyante extralucide pourrait prétendre donner une réponse. Comment quelques copies apporteraient-elles des informations suffisantes pour décider d'une performance à venir aussi multiforme que, par exemple, la profession de médecin ?

  54. […] le difficile équilibre entre le désordre et les excès de l'ordre.

  55. Une utopie qui se borne à décrire un rêve irréalisable est plus néfaste qu'utile ; le fossé entre le réel vécu dans l'instant et le souhaitable imaginé pour plus tard apparaît définitivement infranchissable. Tous les abandons sont alors justifiés, tous les projets se heurtent à la lâcheté des « À quoi bon ? ». Elle peut être au contraire un facteur de renouveau, être à l'origine d'une dynamique, si elle est reçue en suscitant un « Pourquoi pas ? ».

  56. Le monde où l'on se reproduit est un monde où l'on s'ennuie. Seules les erreurs de copie, autrement dit les mutations, permettent de lutter contre l'uniformité ; elles sont rares.

  57. Pour un humain, être c'est devenir.

  58. Notre passé est semblable à un océan dont l'horizon inaccessible n'a aucune réalité ; ses vagues viennent de nous déposer sur le littoral d'une île inconnue, notre avenir. À nous de la défricher.

  59. C'est, je crois, le philosophe Vladimir Jankélévitch qui fait remarquer que chacun de nous est provisoire, certes, mais que le fait que nous ayons existé est définitif.

  60. Présenter la télévision comme un prolongement des moyens d'information d'autrefois est lui faire beaucoup trop d'honneur. Elle ne succède nullement aux journaux ou aux revues qui décrivaient les faits et proposaient une réflexion à leur propos. Elle a plutôt pris la place des bonimenteurs qui jadis, sur les boulevards, vendaient des poudres miraculeuses, et celle des camelots qui distribuaient des chansons illustrées paraphrasant l'actualité.

  61. N'oublions pas que c'est un Occidental, un chrétien, le président Harry Truman, qui a osé s'adresser publiquement à Dieu au lendemain de l'explosion d'Hiroshima pour - je cite : « Le remercier de nous avoir donné cette arme. » Cette référence à Dieu dans un tel contexte montre que les consciences n'ont guère progressé depuis les XIIe siècle, époque où les cardinaux du Vatican condamnaient l'usage de l'arbalète, mais en limitant cet interdit aux seuls combats entre chrétiens.

  62. Pour mettre un terme définitif aux guerres, la seule issue est de développer l'art de la rencontre.

  63. Finalement, le résultat de la partie est résumé par quelques nombres, le sport est réduit à un score. Face à la réalité du jeu, ce score est aussi réducteur qu'un squelette face à un être vivant. Si cette attitude de compétition permanente se bornait au sport, ce ne serait qu'anecdotique ; hélas, dès l'école primaire, elle est présentée comme une nécessité, elle serait seule conforme aux leçons de la nature. Un darwinisme simpliste est même utilisé pour la justifier : l'amélioration des espèces est présentée comme le résultat d'une implacable « lutte pour la vie » qu'il faudrait perpétuer. En réalité, l'arbre de l'évolution comporte des bifurcations qui doivent beaucoup plus au hasard qu'à la nécessité. Rien ne nous oblige à prolonger cette lutte au cours des événements qui sont la part spécifiquement humaine de notre vie : les échanges.

  64. [Sur un schéma où] chaque humain est un point, il faut dessiner des flèches allant de l'un à l'autre et de l'autre à l'un. La réalité d'une collectivité est dans l'entrelacs de ces flèches. Éduquer, c'est apporter du contenu à ces liens, c'est créer des réciprocités, c'est proposer à chacun d'être l'un des dépositaires du trésor collectif, d'être de ceux qui l'enrichiront, d'être aussi face à la génération suivante, un passeur de témoin.

  65. La cité idéale est celle où tout est école.

  66. L'éducation est semblable à un art; elle est une création perpétuelle qui progresse en provoquant des rencontres toujours nouvelles. […] Le système éducatif peut donc être défini comme le lieu où l'on enseigne et où l'on pratique l'art de la rencontre.

  67. Or l'éducation n'a nul besoin de palmarès. À quoi peut bien servir le constat que l'élève X est « meilleur » que l'élève Y ? Ce besoin est arbitrairement suggéré par la société, qui propose en effet à chacun de se contenter du confort intellectuel qu'apporte la soumission à de multiples hiérarchies. Elle nous fait admettre qu'un parcours de vie se résume à un enchaînement de sélections. Pour jour véritablement son rôle, l'école devrait tout au contraire tenir compte du potentiel créateur de chacun.

  68. Le risque est grand que l'on réfléchisse à l'éducation avec une mentalité d'ingénieur s'efforçant de produire des objets définis avec précision, ou avec un regard d'économiste, de comptable, s'efforçant de dégager la meilleure rentabilité.

  69. Les examens, considérés comme des événements importants qui rythment la succession des trimestres, y tiennent une place démesurée. Charles Pepinster, du GBEN, a calculé que, compte tenu de leur préparation et de leur correction, ils représentent une durée totale de deux années sur les douze des études primaires et secondaires. Ce sont deux années inutilement consacrées non à aider les élèves, à les faire progresser mais à les juger, les sélectionner, les exclure.

  70. […] La liberté de chacun ne peut s'épanouir que si la société ne possède pas trop d'informations sur lui. « Je suis celui que l'on me croit », dit un personnage de Pirandello. Mieux encore serait : « Laissez-moi devenir celui que je choisis d'être. »

  71. Il y a, entre les jeux solitaires et les jeux à plusieurs, la même différence qu'entre la masturbation et le choc amoureux. Les premiers sont des exercices plus que des jeux.

  72. Ramener l'événement à un palmarès est aussi réducteur que de décrire une statue de bronze en se contentant d'en indiquer le poids.

  73. N'est-il pas grotesque de prétendre que « la France est championne du monde » alors que le respect de la vérité nécessite de dire simplement qu'une équipe subventionnée par le budget de l'État français a remporté un championnat ?

  74. Malgré tous les discours prétendant le contraire, le seul critère de réussite, la seule satisfaction espérée, est la montée sur le podium. À l'image d'un prisme d'une lumière aux multiples composantes qu'une seule longueur d'onde, la compétition opère une polarisation des personnes : elles sont réduites à une seule obsession. L'unidimensionnalité lamine la réalité et détruit toute richesse.

  75. Chacun est le produit d'une métamorphose : l'individu biologique fait par la nature devient la personne construite par les rencontres.

  76. Tout projet important doit avoir pour fondation une définition de l'être humain qui tienne compte de sa double source, la nature et l'aventure : d'une part l'organisme, tel qu'il a été mis en place à partir du patrimoine biologique reçu, d'autre part la conscience d'être, édifiée grâce aux autres. La fonction première de toute collectivité humaine est de susciter cette aventure, d'en faciliter le déroulement. Elle doit donc aider chacun à rencontrer l'autre avec l'attitude de celui qui va vers une source, non de celui qui se prépare à un affrontement.

  77. L'histoire de notre espèce n'est pas seulement celle des exploits individuels peu à peu améliorés, elle est surtout celle des réussites permises par notre capacité à mettre en commun. Tout exploit de l'un d'entre nous doit donc être ressenti par chacun comme le signe d'une avancée dont tous nous pouvons nous sentir acteurs.

  78. Lorsque cet objectif de victoire personnelle est la finalité réelle des efforts consentis, l'aboutissement ne peut être qu'une lutte contre les autres, alors que la réussite essentielle des êtres humains est de savoir lutter contre soi avec l'aide des autres. Les Jeux olympiques sont devenus une illustration de ce dévoilement, de cette perversion. Officiellement, il s'agit de rencontres loyales où chacun manifeste au mieux ses talents. Le mot d'ordre est partout répété : « L'important, c'est de participer, non de gagner. » Mais il est difficile de ne pas déceler dans cette formule une bonne dose d'hypocrisie, tant l'accent est mis à toute occasion sur la nécessité de gagner.

  79. Si vraiment l'objectif est de participer, il ne peut pas être de gagner ; si vraiment l'objectif est de rencontrer amicalement d'autres êtres humains, il ne peut pas être de chercher à l'emporter sur eux ; si vraiment il s'agit de faire la fête, il ne peut pas s'agir de se doper. Pour éradiquer le dopage, la seule voie possible est d'en supprimer la cause, c'est-à-dire d'oublier la compétition.

  80. […] chacun comprend que, en apportant le plaisir d'être ensemble, le jeu a du sens, mais la victoire n'en a pas.

merci à Gilles G. Jobin d'avoir selectionné ces textes d'ALBERT JACQUARD

PSSSST ! je vais te faire une petite confidence à toi qui a tout lu…(surtout JACQUARD…):

En fait y'a des choses beaucoup plus importante que la bd dans la vie… Et la bd n'est pour moi qu'un outil comme un autre (non pas tout à fait comme un autre… mais un outil tout de même !)

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2 commentaires

Un visiteur a dit :

salut gros, tiens, j'ai lu les boukins d'hubert reeves aussi, et je l'ai rencontre…il est top ce gars…becot.g

11 avril 2011

yanouch a dit :

héhé mon vieux pote !

salut à toi !

hubert reeves n'a sans doute pas que des qualités, mais il est certain pour moi qu'il a une vision large des problèmes écologique que l'homme a provoqué. C'est quelque chose de précieux… et qui devrait montrer un bout de chemin “pour s'en sortir”. Surtout que l'on n'a plus 100 ans pour s'y mettre.

je t'embrasse toi et ta famille !

12 avril 2011

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